Importations de GNL en chute : l’Europe peut-elle encore sécuriser son hiver ?
Ces dernières semaines, l’Europe a vu ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) plonger. Entre les baisses saisonnières habituelles, les travaux de maintenance sur plusieurs terminaux et surtout une concurrence féroce venue d’Asie, le Vieux Continent se retrouve face à un casse-tête énergétique. Les cargaisons qui filent vers l’Est, attirées par des prix plus alléchants, laissent planer des doutes sur la capacité de l’Europe à remplir ses stocks avant l’hiver. Et comme si cela ne suffisait pas, Bruxelles a signé un accord avec Washington portant sur 750 milliards de dollars d’achats d’énergie… un pacte que beaucoup jugent irréaliste ! Alors, que faut-il vraiment attendre de cette période agitée ?
Importations de GNL : un recul attendu… mais renforcé par l’Asie
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les importations européennes de GNL ont plongé de 29 % au mois de juillet, passant de 3,2 à 2,3 Gm³, selon les données de Kpler. C’est tout simplement le deuxième niveau le plus bas enregistré depuis huit mois, Turquie incluse. En soi, rien d’anormal à voir les volumes ralentir pendant l’été : c’est une tendance saisonnière classique, comme le rappellent les analystes. S’ajoutent à cela des opérations de maintenance sur différents terminaux de liquéfaction, impliquant une réduction de l’offre disponible. Jusque-là, rien de bien anomal.
Oui, mais… Cette fois, l’Europe n’est pas la seule en cause ! L’Asie, frappée par de fortes vagues de chaleur, a en effet vu sa demande exploser. Résultat : les prix ont grimpé et les cargos de GNL sont logiquement redirigés vers l’Est, là où le marché est plus rémunérateur.
À retenir : pour donner un ordre d’idée, le contrat de référence asiatique JKM pour septembre a atteint 34,56 €/MWh, contre 32,13 €/MWh pour le contrat européen TTF. Pas étonnant que les producteurs préfèrent l’Asie !
Conséquence : les importations se redressent légèrement depuis un mois (+7 % à 2,5 Gm³), mais la tendance reste malgré tout orientée à la baisse depuis début juillet. Les volumes demeurent tout de même 31 % plus élevés qu’en juillet 2024, mais l’équilibre reste fragile !
Stocks de gaz européens : entre avance et incertitudes
Si l’on prend un peu de recul, la situation n’est pas totalement alarmante. Les stocks de gaz en Europe progressent encore à un rythme satisfaisant, même s’ils restent inférieurs à ceux de l’année dernière : environ 76 % de remplissage contre plus de 92 % à la même période en 2024. En bref, un bon coussin de sécurité, mais pas encore de quoi respirer complètement !
Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que tout dépendra de l’évolution des prix mondiaux. Si la prime asiatique persiste, certains volumes destinés à l’Europe pourraient en effet continuer de nous échapper. Les experts rappellent que le remplissage des stocks n’est pas un sprint, mais une course d’endurance : ce qui compte, c’est d’arriver à l’hiver avec un niveau suffisant ! À ce niveau-là, une autre composante ne doit pas être oubliée : tout dépendra des conditions météo à venir et de la stabilité de la demande intérieure.
À retenir : l’Europe garde un peu d’avance, mais sans marge conséquente. Les prochains mois seront donc décisifs pour savoir si cette avance peut se maintenir ou s’éroder.
L’offre mondiale s’élargit, mais profite-t-elle vraiment à l’Europe ?
Bonne nouvelle à l’échelle globale : l’offre de GNL continue de progresser ! Les États-Unis, notamment, ont vu leurs exportations grimper de 22 % sur les sept premiers mois de 2025, grâce à la mise en service de nouveaux terminaux comme Plaquemines LNG. Selon plusieurs projections, la capacité mondiale devrait atteindre 890 bcm (billion cubic meters) à l’horizon 2030, créant même un surplus estimé à près de 200 bcm. Sur le papier, cela devrait aider à contenir les prix et sécuriser l’approvisionnement.
Mais en pratique, la question reste entière : où iront ces volumes ? Vers l’Europe, ou vers des marchés asiatiques prêts à payer plus cher ? Car si la demande asiatique reste forte, rien ne garantit que le Vieux Continent sera prioritaire. L’argument du « marché le plus rentable » continue de peser, et l’Europe doit composer avec cette réalité.
Importations de GNL : un accord énergétique transatlantique qui interroge
En parallèle de cette conjoncture compliquée, l’annonce d’un accord entre l’Union européenne et les États-Unis a surpris : Bruxelles s’est engagée à acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine sur trois ans. Autant dire que cette promesse fait grincer des dents !
D’abord, parce que les chiffres paraissent démesurés : pour tenir cet engagement, il faudrait en effet tripler les volumes actuels importés depuis les États-Unis, ce qui semble totalement irréaliste. D’après les données actuelles, le tiers suffirait… Ensuite, parce que rien n’oblige les producteurs américains à orienter leurs cargos vers l’Europe plutôt que vers d’autres régions. D’ailleurs, les capacités de liquéfaction américaines sont déjà largement engagées par des contrats à long terme.
Ainsi, même en imaginant un scénario où l’Europe rafle tous les volumes disponibles sur un an, cela ne couvrirait qu’environ la moitié des 250 milliards de dollars annuels nécessaires, en supposant un prix moyen de 10 $/MMbtu (29,1 €/MWh). Autant dire que la promesse ressemble davantage à un geste politique qu’à un plan réaliste…
Baisse des importations de GNL en Europe, en bref
En résumé, l’Europe avance « sur des œufs » : ses importations de GNL reculent, ses stocks progressent mais restent fragiles et ses ambitions diplomatiques apparaissent parfois déconnectées des réalités du marché. Entre la pression asiatique, les contraintes logistiques et les promesses politiques, le chemin vers la sécurité énergétique semble plus que jamais semé d’embûches !
Face à une telle situation, la question se pose : l’Europe saura-t-elle adapter sa stratégie pour assurer son approvisionnement à un coût raisonnable, ou continuera-t-elle à subir les choix des autres marchés plus dynamiques ? Quoi qu’il en soit, les prochains mois seront riches en rebondissements et il faudra garder un œil attentif sur les cargos qui sillonnent nos océans !
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